Peace and violence – towards new definitions
Definitions of peace
Peace is neither the absence of war nor the opposite of war. To define peace as the absence of war is to reduce it to a passive conception, incomplete and remote. The field of peace is much vaster, because the field of violence is much vaster than that of war. Nor is peace the absence of violence; it is in fact the opposite of violence.
Peace implies activity, not passivity. It is a commitment that is put into practice everyday in all of our interactions. To be a passive bystander in the face of violent interactions kills peace. To remain passive sends out the wrong signal. It authorizes violent people to increase the level of violence. It is only by having the majority create a counterbalance, where peace is at the fore in human interactions, that we can provoke a calling into question of “violent people” and awaken them to the good that is inside of each of them. By remaining passive, we disassociate ourselves from this counterbalancing effort and we side with the violence of others - even if we are the gentlest of beings.
Peace requires a positive combativeness in our relationships, especially when faced with our own impulses. But to define peace as the victory of reason over instincts is incorrect. It is not by fighting that we achieve inner peace, but by cultivating an inner state of appeasement. As opposed to a fight, it is a relationship that needs to be built: with one-self, then with others. Reason alone is insufficient – it's with the heart that this can happen.
Peace is a perpetual weaving of warm-hearted relationships between those living side-by-side, based on human values and individual creativity in order to overcome difficulties, clashes and one’s own frustrations.
Peace is a strong and enduring relationship of living well together, based on respect, serenity, cordiality and good intelligence between humans. It is built as much on heartfelt emotion as on reasoning. It is by virtue of human warmth that we can transcend violence.
Peace is a choice of life, one where human interaction is built on those impulses of humanity capable of reversing the tendency of powerful, vindictive or angry people to become violent and this by appealing to their heart and to their reason. It is a choice of life that is at the same time individual, collective, economic and political. If violence appears to be omnipresent, then the fields of peace are also omnipresent. It is up to us to cultivate these.
Inhérence de la violence – un leurre
Dire que l'humain est fondamentalement violent est incorrect. La violence n'est ni la caractéristique première des humains, ni un trait immuable de la personnalité.
Dire que la violence est inhérente à l'humain est aussi tendancieux qu'un journal qui ne parle que des guerres. Au tout premier plan, c'est le désir de vivre, de bien vivre et de se protéger qui sont inhérents à l'humain, tout comme l'amour parental et sentimental. C'est bien le désir de paix qui est inhérent à l'humain, tout comme le désir d'épanouissement. N'importe quelle étude statistique le prouverait aisément.
Ce n'est pas le désir de paix qui manque au fond de chaque être, c'est le manque d'une vision positive de son être, de son paraître et de son horizon qui le masque. C'est aussi le savoir-faire qui manque tant.
Dire que certaines personnes sont fondamentalement violentes et d'autres pas est également incorrect, à quelques rares exceptions près. Les uns peuvent effectivement devenir parfois agressifs dans des cas précis : quand ils sont agressés (ou pensent l'avoir été) et/ou se laissent envahir d'émotions négatives. L'agressivité peut parfois mener certains au choix de la violence, et même à une violence sans bornes. D'autres recherchent la violence comme stimulant, comme narcotique ou comme distraction de leur propre vide. Mais, statistiquement, en dehors des guerres, ceux qui font usage de la violence sont moins nombreux que ceux qui règlent leurs conflits sans en faire usage.
Même les plus violents ne sont pas violents tout le temps. Généralement, seule une petite fraction de leurs jours, de leur vie, est entachée par l'usage de la violence. Même ceux qui pensent trouver leur identité virile dans la violence ont un énorme besoin de recevoir et de donner des élans du cœur. Car à quoi sert la virilité si ce n'est pour séduire ?
Bien parler de la violence
Le fait de dire que la violence est inhérente à l'homme ne fait que conforter ceux qui en font usage, en sont tentés ou ont peur d'eux-mêmes. Le dire augmente son acceptabilité, et donc y contribue. Quand la violence monte, comme actuellement, il faut au contraire refuser cette acceptabilité. C'est un message de transformation positive qui est à véhiculer : que chaque humain a en lui la capacité de cultiver des réflexes de paix pour dépasser ses réflexes de violence et transformer ceux des autres.
Utilisations de la violence
Qui dit usage de la violence dit outil. La violence n'est ni un trait de personnalité, ni une émotion, mais un outil. C'est l'outil de derniers recours parmi les multiples outils dont les animaux et les humains disposent pour se protéger contre les agressions et contre la mort.
Puisque la violence n'est qu'un outil de dernier recours, sa place est au coffre-fort de notre être. L'outil violence est comme une police d'assurance contre les catastrophes – à n'utiliser qu'en cas de danger de mort.
En dehors de cet usage exceptionnel, faire usage de la violence, c'est être en contradiction avec ses valeurs humaines, son humanité, sa foi, son éthique, ses principes démocratiques, son sens de justice. C'est le cas pour l'usage de la violence comme outil de domination par les puissants. C'est aussi le cas pour son usage comme outil d'expression par ceux qui se croient impuissants.
Dépasser l'usage de la violence
On oublie toujours toutes les personnes qui ont su dépasser leur usage de la violence. Elles ont généralement fini par faire confiance à leurs valeurs humaines, leur créativité, leur identité, pour s'exprimer, selon la situation, avec des mots, des actes symboliques, des rassemblements de masse, de la musique, de l'art, un regard ou des gestes tendres, ou par faire confiance à leur courage et leurs convictions pour résister aux incitations à la violence de leur entourage ou de leurs gouvernants.
On oublie aussi qu'un même humain peut devenir agressif dans des circonstances données, puis se retrouver merveilleusement libéré de cette agressivité dès qu'il reçoit un élan affectif, un élan d'humanité. Ce sentiment de libération et de bien-être est encore plus fort pour celui qui se transforme et offre lui-même des élans d'humanité autour de lui.
Non seulement une agressivité exacerbée peut s'effacer durablement quand un humain décide de tourner sa page de violence et s'épanouir dans l'empathie des autres, mais surtout, ce sont les humains les plus violents qui peuvent ressentir le soulagement le plus fort quand ils redécouvrent l'usage de leurs valeurs humaines et de leur créativité pour régler leurs conflits et renforcer leur identité.
La paix comme choix personnel, collectif, économique, politique
La paix est un choix personnel de vie fondé sur l'épanouissement de la vie de tous et donc la construction de soi, alors que la violence est un choix personnel de vie fondé sur la destruction de la vie des autres et surtout de soi.
La paix est tout autant une responsabilité collective, économique et politique, exercée in fine par des êtres dont les convictions personnelles en termes de paix et de valeurs humaines auront la plus grande influence.
Promenjeno 07/08/08 - 01:19 |



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